Biomasse : approvisionnement difficile

Biomasse approvisionnement difficile68 Mtep : c’est, selon l’institut EurObserv’ER, la consommation de chaleur issue de la biomasse dans l’Union européenne. Le bois, principal composant de la biomasse, constitue une énergie renouvelable crédible dans le cadre d’une politique de responsabilisation des consommations des chauffages urbains. Sauf que l’approvisionnement en ressources n’est pas aussi simple que prévu.

1 000 réseaux de chaleur biomasse

Première énergie thermique renouvelable de France, la biomasse alimente de nombreux réseaux de chaleur en France. Ceux-ci se sont particulièrement développés après 2003, dans un contexte économique et politique favorable, marqué par la montée du prix du baril de pétrole et une volonté politique claire de favoriser cette matière première.

Ainsi, selon les dernières estimations du CIBE (Comité Interprofessionnel du Bois Énergie), environ 1 000 installations – délivrant une puissance supérieure à 1 MW, capables donc d’alimenter un groupe de bâtiments – sont alimentées par du bois. On en trouve dans toutes les régions du pays. À Metz, par exemple, le chauffage urbain est alimenté par une centrale biomasse, qui produit une énergie 100 % lorraine générée tous les ans par 100 000 tonnes de plaquettes, issues des forêts environnantes ! Et Dalkia a récemment inauguré une nouvelle centrale biomasse à Sevran, en Seine-Saint-Denis.

Un bois inégal en qualité et en quantité

Sauf que l’exemple de Metz ne saurait cacher la réalité : aujourd’hui, il est devenu aujourd’hui compliqué de s’approvisionner en bois pour faire fonctionner une installation comme un réseau de chaleur. De nombreux critères jouent en effet sur l’établissement des contrats :

– la quantité et l’unité choisie (tonnes, MWh entrée, MWh sortie…) ;

– les caractéristiques du combustible (humidité, granulométrie, taux de cendres, taux de poussières…) ;

– les origines et la traçabilité des matières ;

– la reprise ou non des cendres

Le secteur paie encore son immaturité. Certains sites, comme la chaudière bois du groupe Airbus Defence & Space, font face à des coûts de maintenance et d’exploitations beaucoup plus élevés que prévus. Ils doivent parfois même être arrêtés des jours entiers ! En cause ? Un approvisionnement insuffisant ou de mauvaise qualité.

Les difficultés de la biomasse ne se résument pas à des problèmes de qualité du bois. En 2003, son principal avantage résidait dans son coût, largement inférieur à celui du baril de pétrole. Or, ce dernier n’est plus au même niveau. L’attractivité financière de la biomasse par rapport au gaz et au fioul n’est donc plus la même !

Une solution, l’étranger ?

Comment régler ce problème ? La solution pourrait bien venir d’un approvisionnement en biomasse depuis l’étranger. Les approvisionnements européens ne pourront en effet pas satisfaire à eux seuls les exigences du marché, que ce soit en termes de disponibilité ou de prix. Se tourner vers les pays étrangers peut ainsi être une solution, afin d’obtenir du bois à des tarifs plus intéressants.

Reste un impératif dans ce genre de démarche : s’assurer que cette biomasse a bien été produite de manière responsable et durable, et qu’elle correspond aux exigences européennes de réduction d’émission de gaz à effet de serre. L’Union européenne pourrait décider d’instaurer des critères de durabilité contraignants s’agissant de l’entrée sur le marché européen.

Des initiatives du genre apparaissent en tout cas, signe que la demande existe : en Wallonie, une plateforme d’achat et de vente de biomasse vient par exemple d’être mise en ligne !

La biomasse reste-t-elle une “énergie du futur” ? Les problèmes d’approvisionnement du secteur sont-ils structurels ou ponctuels ? Donnez votre avis dans les commentaires ! Et pour ne rien manquer de l’actualité des réseaux de chaleur, abonnez-vous à notre newsletter.

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