Le b.a.-ba de la cogénération

Le b.a.-ba de la cogénération

La cogénération consiste à produire simultanément et sur la même installation de l’électricité et de la chaleur. Il résulte de cette technique – de plus en plus utilisée en France (Le Havre en Seine-Maritime) et en Europe (Scarlino, en Italie) – des réseaux de chaleur économiques. Comment est construite une installation de cogénération ? Quels avantages présente-t-elle pour un réseau de chaleur ? Focus sur cette avancée vers des réseaux plus propres et intelligents.

Qu’est-ce que la cogénération ?

Le cogénération repose sur la production d’électricité et de chaleur à partir d’une même source d’énergie, en même temps et sur une même installation. Plus précisément, il s’agit de récupérer la chaleur (gaz ou vapeur) émise lors de la production d’électricité (moteur, turbine ou pile à combustible). Grâce une canalisation, la chaleur est dirigée vers un récupérateur de chaleur. Elle est ensuite utilisée pour produire du chauffage et de l’eau chaude. Il existe deux principaux types d’installation : les installations à chaudières et turbines à vapeur, alimentées par des combustibles variés comme les déchets ou le bois ; celles à moteur à combustion interne,  fonctionnant au gaz ou au diesel.

Les avantages de la cogénération

Alors que l’efficacité énergétique est une priorité à l’échelle de la planète, la cogénération est une solution prometteuse. Pour une installation électrique classique, près de 65 % de l’énergie produite sont perdus sous forme de chaleur. Avec la cogénération, 50 à 55 % de cette énergie sont récupérés pour chauffer un circuit d’eau grâce à un échangeur. Les usages sont variés : chauffage domestique, eau chaude, utilisation industrielle… Cette technique permet également de réduire la production de gaz à effet de serre par rapport à une installation électrique classique. D’après la Commission européenne, cela représenterait une baisse de 500 g/kWh. Enfin, la cogénération est compatible avec les énergies fossiles (gaz, charbon…) comme avec les énergies renouvelables (bois, biogaz…).

Les limites de la cogénération

La cogénération est davantage efficace pour alimenter des bâtiments publics et des industries que des logements. En effet, la chaleur produite ne peut être transportée sur de longues distances, du fait du refroidissement rapide. La production d’une centrale de cogénération doit être constante afin d’être rentable en matière d’économies d’énergie.

La cogénération en France

On compte aujourd’hui plus de 800 installations de cogénération en France, selon la FEDENE. Cela représente une production électrique de 16 TWh et une production thermique de 22 TWh. Si la majorité des installations fonctionnent aujourd’hui avec des énergies fossiles (gaz naturel principalement), depuis quelques années, le Gouvernement encourage les communes à passer aux énergies renouvelables.

L’énergie renouvelable privilégiée est alors la biomasse, comme à Vittel dans les Vosges ou Saillat-sur-Vienne en Haute-Vienne. La cogénération associée à la biomasse permet de produire électricité et chaleur à partir de ressources (bois, déchets…) proches du site de production, limitant ainsi les coûts de transport du combustible.

La cogénération limite les pertes d’énergie sur une installation électrique. La chaleur ainsi récupérée est à la fois économique et respectueuse de l’environnement

Source de l’image à la Une : Flickr (Peter Eimon)

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