Des tuyauteries en fibre pour réseaux de chaleur : fausse bonne idée ?

Des tuyauteries en fibre pour réseaux de chaleur : fausse bonne idée ?

Chauffage urbain, climatisation, processus chimiques, protection incendie… Nous avons aujourd’hui le choix quant aux matériaux utilisés pour ces réseaux de tuyauteries : l’acier, le plastique mais aussi la fibre, assez controversée. DHC News fait le point sur ce système.

Qu’est ce que la fibre pour réseaux de tuyauteries ?

La fibre est un système composite structuré de fibres de verre et de résine époxy. Cette technique est loin d’être nouvelle puisqu’elle a été conçue par une société américaine il y a une quarantaine d’années déjà.

Quels sont les avantages de la fibre ?

La fibre dispose d’avantages certains :
– son état de surface très lisse permet de limiter les pertes de charges ;
– elle est insensible à la corrosion et aux risques bactériologiques ;
– c’est un matériau qui ne se dilate pas ;
– son poids est extrêmement léger par rapport à l’acier, ce qui peut faciliter sa mise en œuvre ;
son coût est entre 20 % et 30 % plus faible que celui de l’acier.

La fibre :  le matériau parfait ?

Contrairement à l’acier pré-isolé qui impose des calculs précis de dimensionnement en raison de sa dilatation et de l’obligation de respecter des normes “qualité” drastiques, la fibre n’est pas certifiée. On ne connaît donc pas précisément sa plage d’utilisation et les limites à ne pas dépasser (de température, de dimension…), ce qui peut s’avérer dangereux.

Son principal point faible reste son système de raccordement fragile car constitué d’un assemblage de tuyaux mâles-femelles fixés à la colle. De plus, ce mode d’assemblage sophistiqué et fastidieux n’est pas en phase avec la réalité et les problématiques du chantier.

Autres contraintes :
– Elle est sujette à l’effet de fond et aux coups de bélier (pression de l’eau et masse en mouvement déformant l’ensemble ou faisant subir des changements de direction brutaux).
– Elle est extrêmement sensible aux mouvements de terrains et aux contraintes ponctuelles (travaux) : un simple choc de pelleteuse peut sectionner un tuyau.
– Elle ne permet aucune possibilité d’extension du réseau à moins de recréer tous les assemblages. La piquage en charge n’est pas possible.

De plus, compte tenu des risques, aucune garantie décennale ne sera prise en charge par un assureur.

Il est donc important de bien étudier les capacités et limites techniques qu’apportent chaque solution avant de faire son choix.

Source de l’image à la Une : plasticoncomposites.com

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