Thibaud Rousselle : « Défaillances des réseaux, le CSTB veille au grain »

Défaillances des réseaux : la certification du CSTB veille au grain

Au Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB), Thibaud Rousselle pilote la seule certification française permettant de contribuer à la qualité des réseaux de chaleur. Il nous en explique les tenants.

Quels sont les métiers du CSTB ?

Le Centre scientifique et technique du bâtiment est un EPIC (établissement public à caractère industriel et commercial) placé sous la tutelle du ministère du Logement, de l’Égalité des territoires et de la ruralité. Notre première mission consiste à effectuer des travaux de recherche sur tous les produits de construction, et quelques équipements également. Notre deuxième métier est l’évaluation, la certification et la délivrance d’avis techniques sur des produits innovants. Nous disposons également d’une expertise scientifique et technique.  Enfin, nous sommes un organisme de formation et nous éditons notamment des ouvrages dans le cadre de la diffusion des connaissances.

Au sein du CSTB, je suis responsable de la division Procédés Services Systèmes, elle-même incluse dans la direction Hydraulique et Équipements Sanitaires. C’est à ce titre que je pilote la marque de qualité « Certifié CSTB Certified » relative aux canalisations pré-isolées des réseaux de chaleur.

Comment définir cette certification ?

Ce qu’il faut savoir, c’est que, même s’il existe des normes européennes, les réseaux de chaleur sont soumis à une procédure d’avis technique, autrement dit une évaluation initiale d’un procédé dans lequel ce dernier doit être décrit ainsi que sa mise en œuvre. L’avis technique est une sorte de photo à un instant T qui vérifie la qualité du procédé et le bon respect de sa mise en œuvre. Afin de vérifier la continuité de cette qualité, une certification a été mise en place.

Quand a-t-elle été créée ?

L’Agence Qualité Construction (AQC) qui regroupe des contrôleurs techniques ainsi que des représentants des assureurs et des utilisateurs a constaté d’importants sinistres sur les réseaux de chaleur à la fin des années 90. Elle a alors décidé de placer ce secteur d’activité sous observation. En 2002, en partenariat avec les industriels, nous avons décidé de développer un référentiel de certification afin d’apporter une réponse à ces défaillances. Le premier certificat a été délivré en 2009.

Sur quoi porte la certification ?

Il y a tout d’abord un respect des normes qui existent sur les produits ainsi que des points d’assurance qualité issus de la norme ISO 9001 comme les procédures écrites ou l’étalonnage des appareils de production et de contrôle. Mais les éléments essentiels portent sur l’assistance technique apportée par les titulaires d’avis techniques (le fabricant ou l’entreprise qui achète le produit et le met en œuvre) à leurs clients et sur la formation des poseurs.

Ce ne sont donc pas tant les produits qui sont visés ?

En général, les produits sont de bonne qualité. Le problème vient de leur pose. Dans les réseaux de chaleur, vous avez des tubes en acier qui transportent de l’eau ou de la vapeur d’eau. Autour d’un tube est placé d’abord un isolant (de la mousse de polyurethane) puis une enveloppe extérieure en polyèthylène. Une fois amenés sur le chantier, les tubes sont soudés, mais il faut alors en reconstituer l’isolation et l’enveloppe. Si cette reconstitution est mal réalisée, l’humidité passe à travers et crée une corrosion du tube en acier et donc une fuite.

C’est au niveau de la pose qu’il y avait souci ?

Oui, et la certification sert essentiellement à cela : s’assurer que la pose est bien faite. Les poseurs doivent donc être formés par le titulaire de l’avis technique et recevoir une qualification.

Quels sont les effets de cette certification ?

Depuis que l’AQC a mis les réseaux de chaleur sous observation, celle-ci n’a jamais été levée. Mais chaque industriel qui demande et obtient la certification voit automatiquement l’observation levée en allant présenter son dossier auprès de la C2P (Commission Prévention Produits), sous-commission de l’AQC. Cela offre une garantie de résultats au prescripteur ou à l’utilisateur et permet aux industriels de voir leur prime d’assurance baisser.

 

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