Au Havre, l’année 2026 débute avec l’achèvement d’un chantier stratégique pour la transition énergétique de la ville : l’extension de son réseau de chaleur, lancé en 2022. Ce dispositif, initialement conçu en 1960 pour chauffer le quartier de Caucriauville, couvre désormais près de 37 500 logements, soit près de la moitié du parc résidentiel havrais. Il repose sur un système centralisé comprenant des unités de production de chaleur, un réseau de distribution souterrain et des échangeurs thermiques installés dans les immeubles. Ce modèle collectif permet une mutualisation des ressources et un pilotage optimisé de la consommation énergétique.
Le réseau de chaleur du Havre Sud s’appuie majoritairement sur des énergies renouvelables et de récupération. Trois sources principales l’alimentent : la chaudière biomasse Biosynergy, la centrale gaz de Caucriauville (utilisée en complément), et la chaleur résiduelle issue de l’activité industrielle de TotalEnergies. Ce mix permet d’atteindre un taux de couverture de 80 % en énergie renouvelable. L’impact environnemental est notable : les émissions de CO₂ sont réduites de manière significative, avec environ 51 000 tonnes évitées chaque année. Ce réseau permet de supprimer l’usage des chaudières et des cheminées individuelles dans de nombreuses zones urbaines, tout en valorisant la chaleur produite par l’industrie locale.
L’investissement, estimé à plus de 40 millions d’euros, devrait générer des bénéfices économiques tangibles pour les habitants. D’après Mickaël Foirest, responsable énergie de la communauté urbaine, les foyers connectés au réseau peuvent espérer une réduction de leurs dépenses de chauffage comprise entre 30 et 40 %, soit environ 300 à 400 euros d’économies annuelles par ménage. Ce projet s’inscrit pleinement dans la stratégie de décarbonation des villes et témoigne d’une volonté forte d’articuler performance énergétique, justice sociale et sobriété environnementale.
