Engie et Villes de France ont annoncé un programme portant sur cent études de potentiel. L’initiative cible les villes et agglomérations comptant entre 10 000 et 100 000 habitants. Elle doit identifier les territoires capables de développer des réseaux de froid urbains. Selon les partenaires, environ cinq millions d’habitants pourraient bénéficier de cette démarche. Le gouvernement souhaite doubler les capacités françaises d’ici 2030. Il vise ensuite un triplement à l’horizon 2040. Les collectivités doivent donc disposer rapidement d’analyses techniques, économiques et environnementales fiables.
Un réseau de froid mutualise la production et distribue l’énergie frigorifique par des canalisations. Cette organisation peut remplacer plusieurs installations individuelles dans les quartiers denses. Elle facilite également la maintenance, la supervision et l’intégration de ressources locales. Les projets peuvent utiliser des eaux naturelles, la géothermie ou des équipements centralisés performants. Cependant, leur pertinence dépend fortement de la densité des besoins. Les études devront donc cartographier les bâtiments tertiaires, équipements publics et logements collectifs. Elles devront aussi évaluer les évolutions climatiques futures. Une infrastructure dimensionnée selon les températures historiques pourrait rapidement devenir insuffisante.
Les épisodes caniculaires récents montrent justement l’importance de cette anticipation. Certains réseaux parisiens ont approché leurs limites pendant les fortes chaleurs. Les futurs projets devront donc intégrer des réserves de capacité et des stratégies d’effacement. Ils devront également maîtriser leur consommation électrique pendant les périodes tendues. Le stockage thermique peut contribuer à décaler une partie de la production. Une régulation intelligente peut aussi réduire les pointes sans dégrader fortement le confort. Pour les entreprises du génie climatique, ce programme ouvre un marché structurant. Les besoins concerneront les études, les canalisations, les échangeurs et la supervision. Les exploitants devront ensuite garantir continuité, performance énergétique et résilience climatique. Le réseau de froid devient ainsi un outil d’adaptation urbaine, mais également un projet industriel territorial.
