Euronews a analysé le potentiel des cours d’eau pour alimenter les réseaux de froid urbains. Cette solution gagne en intérêt avec la multiplication des vagues de chaleur européennes. Elle utilise une production centralisée d’eau glacée, ensuite distribuée vers plusieurs bâtiments. Certains systèmes exploitent directement la fraîcheur d’un fleuve, d’un lac ou de la mer. D’autres utilisent cette ressource pour améliorer le rendement des groupes frigorifiques. Les réseaux limitent ainsi le nombre d’équipements individuels installés en façade ou en toiture.
Cette mutualisation présente plusieurs avantages. Elle réduit souvent la consommation énergétique par rapport à une multitude de climatiseurs indépendants. Elle facilite aussi la maintenance et le suivi des fluides frigorigènes. Les exploitants peuvent surveiller quelques installations centrales fortement instrumentées. Les réseaux limitent également les rejets directs de chaleur dans les rues. Cet avantage devient essentiel dans les quartiers denses. Les climatiseurs individuels augmentent parfois les températures extérieures locales. Toutefois, un réseau de froid exige des investissements élevés. Les canalisations doivent parcourir des zones urbaines déjà encombrées. Les travaux nécessitent donc une coordination étroite avec les gestionnaires d’eau, d’électricité et de transport.
Le potentiel dépend aussi de la géographie et de la densité énergétique. Un réseau devient pertinent lorsque plusieurs bâtiments concentrent des besoins réguliers. Les hôpitaux, bureaux, hôtels et centres commerciaux constituent souvent les premiers clients. Les villes doivent également protéger les écosystèmes aquatiques. Le prélèvement et le rejet d’eau ne doivent pas perturber les températures naturelles. Des échangeurs fermés peuvent réduire ce risque. Pour les professionnels, le développement du froid urbain ouvre plusieurs marchés. Il concerne l’ingénierie hydraulique, les pompes, les échangeurs et les systèmes de pilotage. Il impose cependant une planification longue. Les collectivités doivent anticiper dès aujourd’hui les besoins de rafraîchissement attendus pendant plusieurs décennies.
