L’année 2024 marque une avancée significative pour les réseaux de chaleur en France, avec un volume de chaleur livrée atteignant 28,3 TWh — soit 32,3 TWh après ajustement climatique —, un niveau jamais enregistré auparavant. Cette hausse de 9,3 % par rapport à 2023 contraste avec une augmentation plus modérée de 4 % de la consommation d’électricité, malgré les efforts engagés en faveur de l’électrification bas carbone. Ce dynamisme s’est également traduit par le raccordement de 2 374 bâtiments supplémentaires, portant le total à près de 52 450, et par l’extension du réseau de 430 kilomètres, pour une longueur cumulée atteignant désormais 7 944 km.
L’ancrage croissant des énergies renouvelables et de récupération dans les réseaux accentue leur décarbonation. En 2024, 67 % de la chaleur distribuée provenait de sources telles que la biomasse, la géothermie ou la valorisation énergétique des déchets industriels, contre seulement 31 % en 2009. Cette transformation structurelle a permis de réduire de manière significative les émissions de CO₂ associées : les rejets moyens sont passés de 184 à 109 grammes par kilowattheure sur la dernière décennie, selon les données en Analyse de Cycle de Vie.
En parallèle, les réseaux de froid poursuivent leur développement, avec 49 installations recensées fin 2024, totalisant 294 kilomètres et distribuant 0,9 TWh à près de 1 841 bâtiments. Face à cette dynamique, la Fedene plaide pour une hausse du budget du Fonds Chaleur au-delà des 800 millions d’euros inscrits dans le projet de loi de finances pour 2026, afin d’accompagner l’objectif de 90 TWh de chaleur distribuée en 2035, dont 80 % issus de sources renouvelables ou de récupération.
