Les autorités chinoises ont inauguré la phase III du projet « Nuclear Heat » à Haiyang, dans la province du Shandong. Avec un investissement de plus de 300 millions d’euros dans les infrastructures de transport, le réseau de chauffage urbain, alimenté par la centrale nucléaire de Haiyang, dessert désormais plusieurs villes voisines, couvrant une superficie totale de 30 millions de mètres carrés. Ce projet fait de la région la première zone urbaine au monde à être entièrement chauffée par l’énergie nucléaire, remplaçant la consommation annuelle de 12 millions de tonnes de charbon.
Le système utilise une extraction de vapeur non radioactive provenant du circuit secondaire de la centrale nucléaire. Cette vapeur chauffe l’eau d’un circuit intermédiaire qui, à son tour, chauffe l’eau du réseau de Urban heating system municipal via une série d’échangeurs de chaleur sécurisés. La séparation physique totale des circuits garantit l’absence de tout risque de contamination. L’eau chaude est transportée sur des distances dépassant désormais 60 kilomètres grâce à des canalisations géantes de 1,5 mètre de diamètre, isolées avec des technologies de pointe pour limiter les pertes thermiques à moins de 2 % par kilomètre.
Ce déploiement massif illustre l’ambition de la Chine de transformer ses centrales nucléaires en hubs multi-énergies. Au-delà de l’électricité, elles deviennent les moteurs des District heating networks régionaux. Le coût de la chaleur pour les abonnés a diminué de 15 % par rapport au chauffage au charbon, tout en améliorant radicalement la qualité de l’air dans la province. Le succès de Haiyang pousse désormais d’autres provinces côtières chinoises à adapter leurs réacteurs pour fournir de la chaleur urbaine, marquant un tournant technologique dans la gestion des réseaux thermiques à très grande échelle.
