La ville de Londres a franchi une étape décisive dans son projet de chauffage urbain « Old Oak ». Les autorités ont validé le lancement opérationnel d’un réseau de chaleur de nouvelle génération qui récupérera la chaleur fatale issue des centres de données locaux (data centers). Ce projet, représentant un investissement initial d’environ 42,5 millions d’euros, vise à chauffer plus de 10 000 logements et 250 000 m² d’espaces commerciaux. L’innovation réside dans l’utilisation de pompes à chaleur industrielles pour capter les rejets thermiques des serveurs informatiques, une ressource jusqu’ici gaspillée, pour alimenter une boucle d’eau chaude à basse température.
Ce réseau s’inscrit dans une stratégie de décarbonation radicale du Grand Londres. En remplaçant les chaudières à gaz individuelles par cette solution centralisée, le quartier d’Old Oak Park Royal prévoit de réduire ses émissions de carbone de plus de 70 %. Le projet bénéficie d’un soutien financier du Green Heat Network Fund du gouvernement britannique, qui a débloqué des fonds supplémentaires ce matin pour accélérer la pose des canalisations isolées dans les zones résidentielles en construction. C’est la première fois au Royaume-Uni qu’un réseau de chaleur à une telle échelle est directement couplé à l’infrastructure numérique de la ville.
L’impact pour les consommateurs est particulièrement attractif dans un contexte de volatilité énergétique. Grâce à la stabilité du coût de la « chaleur fatale » récupérée, le tarif du kilowattheure thermique pour les résidents est projeté autour de 0,09 €/kWh, soit un prix nettement plus stable que les tarifs du gaz. Ce modèle de synergie entre infrastructures numériques et réseaux de chaleur urbains est observé de près par d’autres métropoles européennes. Londres prouve ainsi, en ce début février 2026, que l’économie circulaire de l’énergie est techniquement prête et économiquement viable pour transformer les centres-villes en écosystèmes bas carbone.
